Diabétiques : personne ne veut de leurs seringues
Pierre Baudry | Mardi 2 Mars 2010
S'appuyant sur une loi de 2008, une communauté de communes d'Ille-et-Vilaine refuse de prendre en charge les déchets des malades du diabète. Une décision qui inquiète malades et pharmaciens.
C'est valable aussi à Nantes. Actuellement, les petits containers jaunes vont dans les poubelles bleues.
C'est valable aussi à Nantes. Actuellement, les petits containers jaunes vont dans les poubelles bleues.
On les appelle les Dasri, pour Déchets d'activités de soins à risques infectieux. Ils sont générés par des malades qui se font eux-mêmes leurs soins, comme des piqûres. Soit « 1,8 million de personnes, essentiellement atteintes de diabète », indique l'Association française des diabétiques (AFD).
Jean-Pierre Lalande, retraité de 61 ans, doit se piquer trois fois par jour. Diabétique depuis deux ans, il jette ses déchets dans une petite boîte jaune étanche. Une fois par mois, il allait à la déchetterie de Sainte-Marie, près de Redon (Ille-et-Vilaine), pour remettre le collecteur et en recevoir un nouveau.
Fin janvier, surprise : la déchetterie refuse de les prendre en charge. Avec sa femme, il fait le tour des hôpitaux et des pharmacies. « Partout, on a refusé de nous les prendre, s'indignent-ils. Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? On met les déchets à la poubelle ? » Certaines aiguilles sont si fines qu'on ne sent même pas la piqûre. « Si une poubelle tombe et que quelqu'un touche le sac ? », s'inquiète Jean-Pierre Lalande.
Décrets d'application en attente
À la communauté de communes du Pays de Redon, dont dépend la déchetterie, la réponse est catégorique. « La loi du 27 décembre 2008 oblige les pharmacies à prendre les collecteurs », affirme Yvon Mahé, son président. Le hic, c'est que les décrets d'application n'ont pas été publiés. « Leur parution est prévue pour ce début d'année, l'application dans un an », explique la porte-parole de l'Association française des diabétiques.
« En leur absence, nous sommes fondés à refuser les Dasri », affirme Jean-Charles Rochard, secrétaire général du Conseil de l'Ordre des pharmaciens. Une commission multipartite travaille à élaborer une filière avec les fabricants de médicaments. La décision de la communauté de communes « n'est pas illégale », admet Jean-Charles Rochard. Mais, à l'Ordre des pharmaciens, comme à l'AFD, on redoute que « d'autres collectivités exercent ce type de pression ».
La communauté de communes a-t-elle voulu faire des économies ? Sa décision est d'autant plus risquée que la présence de Dasri sur la voie publique constitue « un risque sanitaire », selon l'Ordre national des pharmaciens. Les fonctionnaires territoriaux chargés du ramassage des ordures seraient alors fondés à exercer leur droit de retrait.
Jérôme HERVÉ.
OF internet du 02 mars 2010
Jean-Pierre Lalande, retraité de 61 ans, doit se piquer trois fois par jour. Diabétique depuis deux ans, il jette ses déchets dans une petite boîte jaune étanche. Une fois par mois, il allait à la déchetterie de Sainte-Marie, près de Redon (Ille-et-Vilaine), pour remettre le collecteur et en recevoir un nouveau.
Fin janvier, surprise : la déchetterie refuse de les prendre en charge. Avec sa femme, il fait le tour des hôpitaux et des pharmacies. « Partout, on a refusé de nous les prendre, s'indignent-ils. Et maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? On met les déchets à la poubelle ? » Certaines aiguilles sont si fines qu'on ne sent même pas la piqûre. « Si une poubelle tombe et que quelqu'un touche le sac ? », s'inquiète Jean-Pierre Lalande.
Décrets d'application en attente
À la communauté de communes du Pays de Redon, dont dépend la déchetterie, la réponse est catégorique. « La loi du 27 décembre 2008 oblige les pharmacies à prendre les collecteurs », affirme Yvon Mahé, son président. Le hic, c'est que les décrets d'application n'ont pas été publiés. « Leur parution est prévue pour ce début d'année, l'application dans un an », explique la porte-parole de l'Association française des diabétiques.
« En leur absence, nous sommes fondés à refuser les Dasri », affirme Jean-Charles Rochard, secrétaire général du Conseil de l'Ordre des pharmaciens. Une commission multipartite travaille à élaborer une filière avec les fabricants de médicaments. La décision de la communauté de communes « n'est pas illégale », admet Jean-Charles Rochard. Mais, à l'Ordre des pharmaciens, comme à l'AFD, on redoute que « d'autres collectivités exercent ce type de pression ».
La communauté de communes a-t-elle voulu faire des économies ? Sa décision est d'autant plus risquée que la présence de Dasri sur la voie publique constitue « un risque sanitaire », selon l'Ordre national des pharmaciens. Les fonctionnaires territoriaux chargés du ramassage des ordures seraient alors fondés à exercer leur droit de retrait.
Jérôme HERVÉ.
OF internet du 02 mars 2010
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